Les trois concours des douanes ont une voie interne. On la présente souvent comme la porte des agents déjà en poste, ce qui est vrai mais incomplet : elle est ouverte bien au-delà de la douane, et les épreuves n’ont pas grand-chose à voir avec celles de l’externe.
Qui peut s’y présenter
« Ce concours à options différentes selon la branche est ouvert, pour la moitié des places offertes aux concours externe et interne, aux fonctionnaires et agents de l’État, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent […], aux militaires ainsi qu’aux agents en fonction dans une organisation internationale intergouvernementale à la date de clôture des inscriptions, comptant au moins quatre ans de services publics au 1er janvier de l’année au titre de laquelle le concours est organisé. »
Décret n° 95-380 du 10 avril 1995, article 7
Cette phrase est celle du statut des contrôleurs. Trois points méritent d’y être relevés.
- Il n’est pas réservé aux douaniers. Un agent territorial, un militaire, un enseignant, un agent d’un établissement public y ont accès au même titre.
- Quatre ans de services publics suffisent, appréciés au 1er janvier de l’année du concours et non à la date de l’inscription. Il en faut autant pour l’inspecteur, mais un an seulement pour l’agent de constatation.
- Aucun diplôme n’est exigé. Le baccalauréat, condition du concours externe de contrôleur, disparaît ici. C’est la différence la plus concrète pour un agent en poste sans le bac.
Le décret réserve à l’interne « la moitié des places offertes ». Les nombres d’admis constatés en 2025 s’en écartent — 44 internes pour 50 externes en surveillance, 34 pour 57 en opérations commerciales — mais les places offertes et les admis sur liste principale sont deux grandeurs distinctes, et nous n’avons pas la première.
Les dates, le jour où elles tombent
Convocations, résultats de pré-admissibilité, admissibilité, oraux : chaque publication officielle vous arrive le jour de sa parution. Avec quelques repères de préparation, et de quoi juger notre travail sur pièces.
Chez le contrôleur, un concours entièrement différent
| Épreuve | Concours externe | Concours interne |
|---|---|---|
| Pré-admissibilité | QCM, 60 questions, 1 h 30, coefficient 2 | aucune |
| Écrit n° 1 | Résumé de texte, 3 h, coefficient 4 | Analyse d’un dossier administratif et questions, 3 h, coefficient 5 |
| Écrit n° 2 | Une option parmi six matières, 3 h, coefficient 4 | Une option parmi sept sujets, 3 h, coefficient 5 |
| Écrit n° 3 | Langue étrangère facultative, 1 h 30, coefficient 1 — identique | |
| Oral n° 1 | Entretien, exposé de 5 minutes, coefficient 8 | RAEP, exposé de 10 minutes sur dossier, coefficient 8 |
| Oral n° 2 | Langue étrangère, 15 minutes, coefficient 2 — identique | |
| Oral n° 3 | Épreuves physiques en surveillance, coefficient 3 — identique | |
L’absence de QCM change la nature de l’entrée. Le candidat externe doit d’abord franchir un filtre de masse ; le candidat interne compose directement les écrits. En contrepartie, ses deux écrits pèsent coefficient 5 chacun au lieu de 4, et il n’a aucun point d’avance à reporter sur l’admission.
Les sept sujets de l’épreuve à option
Là où l’externe choisit une matière académique — mathématiques, comptabilité, économie, droit, géographie, navigation —, l’interne choisit parmi des sujets largement professionnels. Trois d’entre eux relèvent de la même option et se choisissent le jour de l’épreuve.
| Sujet | Candidats | Part | Sous 5 sur 20 | 10 et plus |
|---|---|---|---|---|
| Missions de la branche surveillance | 120 | 54,05 % | 10,83 % | 55,00 % |
| Gestion administrative | 43 | 19,37 % | 23,26 % | 34,88 % |
| Navigation maritime | 20 | 9,01 % | 5,00 % | 65,00 % |
| Juridique douanier | 15 | 6,76 % | 33,33 % | 20,00 % |
| Comptabilité privée | 13 | 5,86 % | 7,69 % | 38,46 % |
| Missions de la branche opérations commerciales | 7 | 3,15 % | 14,28 % | 42,86 % |
| Réglementation douanière maritime | 4 | 1,80 % | 25,00 % | 25,00 % |
Un candidat sur deux choisit le sujet portant sur sa propre branche, et ce choix se défend : 55 % de notes au-dessus de 10. Le sujet juridique douanier, lui, n’attire que quinze candidats et en élimine un tiers — c’est le plus mal noté des sept.
Le jury en donne la raison, et elle est instructive.
« Le niveau est très faible. Beaucoup de candidats ne maîtrisent pas l’articulation entre les procédures en douane et en contributions indirectes. Le jury note que l’ensemble des candidats maîtrise la réforme de l’article 60 du code des douanes ainsi que les pouvoirs douaniers. »
Rapport de jury, contrôleur interne surveillance, session 2025
Autrement dit : ce que tout le monde a révisé est maîtrisé par tout le monde, et ne départage donc personne. Cette remarque a d’ailleurs vieilli — l’article 60 a été abrogé le 1er mai 2026, et le droit de visite porte désormais le numéro L. 422-1. Sur la gestion administrative, le jury relève de son côté que la première question portait sur les obligations déontologiques et « devrait être maîtrisée par tous les candidats ».
Les programmes, là où personne ne les cherche
Le document « Programme des épreuves » que la douane met en ligne ne couvre que le concours externe. Celui de l’interne existe pourtant : il figure dans l’annexe de l’arrêté du 8 juin 2009, dans une section intitulée « concours internes ». Voici le plan de chaque option.
Missions, organisation et réglementation douanières
- Les missions de l’administration des douanes et droits indirects
- Organisation et fonctionnement : organisation générale des services, action des deux branches, conditions d’exécution du service
- Législation et réglementation
- La comptabilité des receveurs : crédit de droit, crédit d’enlèvement
- Le contentieux douanier
- Contributions indirectes : législation, réglementation et contentieux
Les deux dernières divisions expliquent le reproche du jury 2025 : « Beaucoup de candidats ne maîtrisent pas l’articulation entre les procédures en douane et en contributions indirectes. » Ce sont les points V et VI du programme, pris ensemble.
Comptabilité privée
- Introduction
- Les traitements en comptabilité générale
- L’analyse fonctionnelle des documents de synthèse
- Le calcul et l’analyse des coûts
- La gestion prévisionnelle
Programme identique à celui de l’option comptabilité du concours externe. C’est la seule matière commune aux deux voies.
Gestion administrative
- Organisation générale des services de l’État : répartition des compétences, coordination interministérielle
- La politique du personnel
- Comptabilité et techniques budgétaires
- Les facteurs d’évolution de la gestion des administrations
Le jury 2025 relevait que la première question de l’épreuve portait sur les obligations déontologiques et « devrait être maîtrisée par tous les candidats » — elle relève de la politique du personnel.
Navigation maritime, ou réglementation douanière maritime
- Navigation : navigation, météorologie, sécurité en mer, coordination des actions de l’État en mer, commandement
- Réglementation : pouvoirs des agents des douanes, contrôle des marchandises à la circulation, statut des navires français, statut des navires étrangers
Le volet réglementation s’ouvre sur les pouvoirs des agents — c’est-à-dire sur les articles que la recodification du 1er mai 2026 a renumérotés.
La comparaison avec l’externe est éclairante. Là où le candidat externe choisit entre six matières académiques — mathématiques, économie, droit, géographie —, l’interne choisit entre trois programmes professionnels et un seul programme académique, la comptabilité. Le concours interne teste ce qu’on a appris en servant, pas ce qu’on a appris en étudiant.
La RAEP, l’épreuve qui n’existe qu’en interne
À la place de l’entretien de motivation, le candidat interne passe une reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle. Le principe est différent : le jury ne découvre pas un parcours, il l’a lu à l’avance dans un dossier que le candidat a constitué.
Le dossier de RAEP se remet au service organisateur à une date fixée par l’arrêté d’ouverture, et il n’est transmis au jury qu’après l’établissement de la liste d’admissibilité. Pour la session 2027, cette date est fixée au 28 mai 2027. La douane met en ligne le dossier type et un guide d’aide au remplissage.
L’entretien ne porte pas que sur le parcours : le candidat « est également interrogé sur des questions relatives aux connaissances administratives générales ». En branche surveillance, il est précédé d’une évaluation psychologique, non notée mais dont l’absence élimine.
Ce que le jury reproche, et qui se corrige
La moyenne de l’épreuve s’établit à 11,57 sur 20 hors éliminés, avec une meilleure prestation à 19,80 et une plus basse à 2,40. 34,63 % des candidats obtiennent moins de 5 — davantage encore que les 31,86 % de l’entretien externe.
- Ne pas apprendre son exposé par cœur. « Bon nombre de candidats avaient appris par cœur leur présentation RAEP et se sont trouvés en grande difficulté lors du temps d’échange avec le jury. »
- Utiliser les dix minutes. « La majorité des candidats a réalisé son exposé en 7 minutes alors qu’ils peuvent utiliser les 10 minutes consacrées à cette partie de l’épreuve. » Trois minutes de parole laissées de côté, sur une épreuve à coefficient 8.
- Décider, plutôt que renvoyer à la hiérarchie. Sur les mises en situation, « il est attendu une bonne gestion d’équipe et non de se référer sans cesse à sa hiérarchie ».
- Argumenter plutôt que chercher la bonne réponse. « Il n’existe pas une unique réponse, chaque point de vue est entendu, dans la mesure où l’argumentation qui suit est solide et pertinente. »
Venir d’une autre administration n’est pas un handicap
Le rapport est explicite : « Le jury a valorisé les candidats internes mais non douaniers qui ont fait preuve d’une curiosité certaine envers les missions de la douane. »
La curiosité compense donc l’absence d’expérience douanière — mais elle doit être démontrée, pas affirmée. Nos pages sur les missions de la douane et ses résultats chiffrés sont faites pour cela.
Une dernière précision du jury, qui évite un malentendu : « Le jury peut répéter la question qu’il vient de poser. Il n’est cependant pas prévu de répéter chaque question une à une lorsqu’une volonté de gagner du temps est perceptible. »
Chez l’agent de constatation, le QCM reste
La catégorie C fonctionne autrement : le concours interne conserve son QCM de pré-admissibilité, son cas pratique et son entretien de vingt minutes. La structure est celle de l’externe.
Les résultats 2025 le montrent d’ailleurs plus favorable sur plusieurs points : la moyenne au QCM s’établit à 10,59 contre 9,63 en externe, et 80 candidats ont été déclarés pré-admissibles — exactement le nombre de ceux qui avaient obtenu 12 sur 20 ou plus. La barre est donc la même dans les deux voies.
Le profil des lauréats diffère nettement. En interne, la moyenne d’âge des admis est de 35 ans, contre 31 en externe, et l’écart va de 21 à 49 ans. La part des femmes admises tombe à 27 %, contre 36 % en externe.
Les trois concours internes en 2025
| Agent de constatation surveillance | Contrôleur surveillance | Contrôleur opérations commerciales | |
|---|---|---|---|
| Inscrits | 423 | 370 | 302 |
| Admissibles | 45 | 109 | 76 |
| Présents aux oraux | 38 | 78 | 58 |
| Admis, liste principale | non publié | 44 | 34 |
| Moyenne du dernier admis | — | 10,68 | 10,78 |
| Meilleure moyenne | 15,52 | 17,01 | 15,30 |
Rapporté aux présents, le taux de réussite y atteint 19 % contre moins de 3 % en externe — le détail du calcul est sur Le taux de réussite. Les ordres de grandeur sont sans commune mesure avec ceux de l’externe, où le même concours de contrôleur en surveillance comptait 3 853 inscrits. Trois cent soixante-dix candidats internes, cent neuf admissibles, quarante-quatre admis : la voie est étroite en valeur absolue, mais bien moins encombrée.
Voir aussi
Les dates de la session 2027, communes aux concours externes et internes, sont sur le calendrier. Les épreuves partagées avec l’externe — langue, épreuves physiques, évaluation psychologique — sont décrites dans leurs fiches. Et pour situer l’ensemble, Les épreuves des concours des douanes.
Les dates, le jour où elles tombent
Convocations, résultats de pré-admissibilité, admissibilité, oraux : chaque publication officielle vous arrive le jour de sa parution. Avec quelques repères de préparation, et de quoi juger notre travail sur pièces.
Sources
- Décret n° 95-380 du 10 avril 1995 fixant le statut particulier du corps des contrôleurs des douanes et droits indirects — article 7.
- Décret n° 2016-580 du 11 mai 2016 relatif à l’organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique de l’État — article 3-6, III (un an de services publics).
- Décret n° 2007-400 du 22 mars 2007 portant statut particulier des personnels de catégorie A de la direction générale des douanes et droits indirects — article 9 (quatre ans de services publics).
- Direction générale des douanes et droits indirects, rapport de jury du concours de contrôleur, branche surveillance, session 2025 — parties I-A-b, II et IV.
- Direction générale des douanes et droits indirects, rapport de jury du concours de contrôleur, branche des opérations commerciales, session 2025 — partie II.
- Ministères économiques et financiers, rapport de jury du concours de catégorie C, branche surveillance, année 2025 — parties II, III et IV.
- Arrêté du 8 juin 2009 fixant la nature et le programme des épreuves des concours de contrôleur des douanes et droits indirects.
- Arrêté du 8 juin 2009 — annexe, section « concours internes », programmes de l’épreuve écrite n° 2.
Conditions relevées le 23 août 2026 sur le texte en vigueur, revérifiées le 5 octobre 2026 pour l’agent et l’inspecteur. Les chiffres portent sur la session 2025 et sur l’affectation nationale ; les conditions propres à chaque session figurent dans l’avis de concours, qui seul fait foi pour l’année en cours.