Le concours de contrôleur comporte deux épreuves de langue, une écrite facultative et une orale obligatoire. Elles ne peuvent pas porter sur la même langue : l’arrêté l’interdit. La contrainte se joue à l’inscription, avant toute révision.
Les deux épreuves
| Épreuve | Nature | Durée | Coefficient | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Écrit — épreuve n° 3 admissibilité |
Traduction d’un document rédigé en langue étrangère | 1 h 30 | 1 | facultative |
| Oral — épreuve n° 2 admission |
Traduction orale en français, puis conversation dans la même langue | 15 min | 2 | obligatoire |
La première est facultative : on peut ne pas la passer. La seconde ne l’est pas — elle fait partie des épreuves d’admission au même titre que l’entretien.
Avant le QCM du 5 novembre : vingt questions inédites, corrigées
Tout de suite par e-mail : vingt questions au format du QCM de contrôleur, qu’aucun sujet publié ne contient, chacune corrigée par la règle ou le calcul.
Les sept langues
L’arrêté fixe la liste, et elle est fermée.
« Traduction sans dictionnaire, sauf pour l’arabe et le chinois, d’un document rédigé dans l’une des langues suivantes : allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, italien ou russe. »
Arrêté du 8 juin 2009, épreuve écrite facultative n° 3
La dérogation accordée à l’arabe et au chinois est la seule du dispositif. Pour les cinq autres langues, aucun outil n’est admis.
La règle qui change tout
« Cette langue doit être différente de celle que le candidat a éventuellement choisie pour l’épreuve écrite facultative n° 3 d’admissibilité. »
Arrêté du 8 juin 2009, épreuve orale n° 2 d’admission
Autrement dit : un candidat qui présente l’anglais à l’écrit facultatif ne peut pas présenter l’anglais à l’oral. Il devra soutenir une conversation de quinze minutes dans une deuxième langue.
C’est le piège que l’intuition fait commettre. Le réflexe naturel est de prendre l’épreuve facultative dans sa meilleure langue, pour aller chercher des points faciles. Mais cette épreuve pèse coefficient 1, tandis que l’oral, obligatoire, pèse coefficient 2. En choisissant sa langue forte pour l’option, on se condamne à passer l’épreuve la plus lourde dans sa langue faible.
Le calcul, posé simplement
Appelons A la langue que vous maîtrisez le mieux, et B la seconde.
| Stratégie | Écrit facultatif — coef. 1 | Oral obligatoire — coef. 2 | Effet |
|---|---|---|---|
| Instinctive | A — langue forte | B — langue faible | La meilleure langue sert le petit coefficient |
| Raisonnée | B — langue faible | A — langue forte | La meilleure langue sert le coefficient double |
| Abstention | non présentée | A — langue forte | Aucun point gagné, la langue forte réservée à l’oral |
La stratégie raisonnée suppose de tenir 1 h 30 de traduction écrite dans sa langue faible. Si le niveau y est trop bas, la troisième voie reste ouverte : ne pas présenter l’épreuve facultative du tout, et réserver sa langue forte à l’oral.
Cette épreuve ne peut faire perdre aucun point
L’arrêté est explicite : pour les épreuves facultatives, « seuls sont pris en compte les points obtenus au-dessus de 10 sur 20 ». Une note de 4 compte donc pour zéro, exactement comme une absence. La règle qui élimine sous 5 sur 20 ne vise que les épreuves obligatoires, écrites et orales.
Le coût de cette épreuve n’est pas une note, c’est une langue : celle qu’on y présente devient interdite à l’oral, qui pèse le double et qui, lui, élimine sous 5 sur 20.
Ce qu’ont fait les candidats en 2025
Le rapport de jury de la session 2025, branche surveillance, détaille l’épreuve facultative pour le concours externe : 212 candidats l’ont présentée.
| Langue | Candidats | Part |
|---|---|---|
| Espagnol | 119 | 56,14 % |
| Anglais | 58 | 27,36 % |
| Allemand | 20 | 9,43 % |
| Italien | 13 | 6,13 % |
| Arabe | 1 | 0,47 % |
| Russe | 1 | 0,47 % |
| Chinois | 0 | 0,00 % |
L’espagnol devance l’anglais de deux contre un. Les deux langues à dictionnaire autorisé, l’arabe et le chinois, totalisent un candidat sur 212.
| Note | Part des candidats | Effet sur le total |
|---|---|---|
| 0 à 4,99 | 3,63 % | aucun point |
| 5 à 9,99 | 30,05 % | aucun point |
| 10 à 14,99 | 41,97 % | points comptés au-dessus de 10 |
| 15 à 20 | 24,35 % | points comptés au-dessus de 10 |
Deux candidats sur trois dépassent 10 et gagnent donc des points. Pour le tiers restant, l’épreuve compte pour zéro : le temps de préparation est perdu, la place au classement ne l’est pas.
Ce que demande l’oral
La même session donne la répartition de l’épreuve orale, obligatoire celle-là : 202 candidats présents, et une distribution qui n’a rien à voir avec celle de l’écrit facultatif.
| Langue | À l’oral obligatoire | À l’écrit facultatif |
|---|---|---|
| Anglais | 172 — 85,1 % | 58 — 27,4 % |
| Espagnol | 23 — 11,4 % | 119 — 56,1 % |
| Allemand | 4 | 20 |
| Arabe | 1 | 1 |
| Italien | 1 | 13 |
| Russe | 1 | 1 |
Le rapport ne dit pas pourquoi les deux répartitions s’inversent. Il constate seulement que l’anglais domine l’oral, où il pèse le double, tandis que l’espagnol domine l’écrit facultatif. Le résultat correspond à la stratégie raisonnée décrite plus haut, sans qu’on puisse affirmer que les candidats l’aient tous appliquée délibérément.
Les notes de l’oral sont sensiblement meilleures que celles de l’écrit : moyenne de 13,48 sur 20, meilleure prestation à 20, moins bonne à 5, et aucun candidat sous 5 sur 20. L’épreuve qui pouvait éliminer n’a éliminé personne cette année-là.
Le jury donne enfin un conseil de méthode, répété à l’identique pour les deux concours : la traduction littérale est le piège principal, et « une lecture régulière de la presse étrangère » est recommandée pour alimenter la conversation.
Le déroulé
Quinze minutes, coefficient 2, en deux temps : la traduction orale en français d’un texte écrit dans la langue choisie, puis une conversation dans cette même langue.
Les deux temps ne sollicitent pas les mêmes compétences. La traduction teste la compréhension écrite et la capacité à restituer en français correct : on peut y réussir sans bien parler. La conversation, elle, exige de produire de la langue à l’oral, en direct, sur un sujet qu’on ne choisit pas.
Comment décider
- Évaluer honnêtement les deux langues, séparément à l’écrit et à l’oral. Beaucoup de candidats ont une langue qu’ils lisent bien et parlent mal, et l’inverse pour la seconde.
- Placer la langue forte sur l’oral, qui pèse le double et qu’on ne peut pas éviter.
- Ne présenter l’écrit facultatif que si la seconde langue dépasse clairement le seuil de 5. Dans le doute, s’abstenir coûte un coefficient ; échouer peut coûter le concours.
- Se souvenir du dictionnaire. Pour l’arabe et le chinois, il est autorisé à l’écrit — ce qui change sensiblement le calcul pour un candidat qui possède l’une de ces deux langues.
- Déclarer les deux choix à l’inscription, sur des rubriques distinctes. Ils sont ensuite reportés sur la fiche de renseignement.
Chez l’inspecteur
Le concours de catégorie A comporte lui aussi une épreuve écrite facultative de langue, de deux heures et de coefficient 2, ainsi qu’une épreuve orale de quinze minutes à coefficient 3. Les poids sont donc plus élevés qu’en catégorie B, mais la logique reste la même.
Voir aussi
L’épreuve à option se déclare au même moment que la langue, et le choix engage autant : L’épreuve à option du contrôleur. Pour situer les deux dans le barème général, Les épreuves des concours des douanes. Les sujets de traduction des cinq dernières sessions sont recensés sur Les annales.
Avant le QCM du 5 novembre : vingt questions inédites, corrigées
Tout de suite par e-mail : vingt questions au format du QCM de contrôleur, qu’aucun sujet publié ne contient, chacune corrigée par la règle ou le calcul.
Sources
- Arrêté du 8 juin 2009 fixant la nature et le programme des épreuves des concours de contrôleur des douanes et droits indirects — épreuve écrite facultative n° 3 d’admissibilité et épreuve orale n° 2 d’admission.
- Direction générale des douanes et droits indirects, fiche « Contrôleur des douanes — catégorie B ».
- Direction générale des douanes et droits indirects, fiche « Inspecteur des douanes — catégorie A ».
- Direction générale des douanes et droits indirects, rapport de jury des concours de contrôleur des douanes, branche de la surveillance, session 2025 — parties I-A-a et III-D.
Citations relevées le 22 août 2026 sur le texte en vigueur. Les chiffres de participation et de notes proviennent du rapport de jury 2025 et portent sur le seul concours externe de la branche surveillance. Les stratégies exposées sont un raisonnement sur les coefficients publiés ; elles ne figurent dans aucun document officiel.